Villarreal a étouffé Arsenal, s'est procuré six occasions exceptionnelles, dont un penalty non transformé par Riquelme, mais a dû concéder un 0-0 fatal sur sa pelouse du Madrigal. La faute à Lehmann et à une terrible maladresse. Ce sera la première finale des "Gunners".
Le terrible échec de Riquelme
Il n'y a aucune chance pour que Villarreal puisse un jour se consoler d'avoir laissé échapper une telle opportunité. Escortée jusqu'à son stade du Madrigal par la ville en délire, l'équipe espagnole, grande surprise de la compétition, a réalisé le match qu'il fallait pour mettre Arsenal au pas et pousser l'aventure jusqu'en finale. Elle s'est procurée plus d'occasions franches qu'elle n'en avait sans doute rêvé contre la forteresse londonienne, mais elle a trouvé les moyens de n'en convertir aucune. Score final : 0-0, et Arsenal conserve l'avantage du but inscrit par Kolo Touré en fin de première période à Highbury (1-0). Le moment le plus dramatique de la soirée est intervenu à la 89e minute. Presque résigné par ses échecs successifs, Villarreal obtenait un penalty pour une charge sur José Mari de Gaël Clichy, revenu à la surprise générale à gauche de la défense, à la place de Mathieu Flamini blessé dès la 9e minute. Légère mais réelle, contestée par les Anglais, habitués à des tampons plus saignants et jamais sanctionnés, cette action aurait dû permettre aux Espagnols d'atteindre la prolongation. Mais Riquelme, tireur du penalty, a trouvé sur sa route un Jens Lehmann assez inspiré pour aller cueillir une frappe à mi-hauteur côté gauche. L'Argentin n'aura pas évolué au niveau espéré sur l'ensemble des deux rencontres. L'un des détails qui auront décidé du sort de cette demi-finale. Comme d'autres joueurs et beaucoup de spectateurs, Riquelme a tardé à rentrer, accablé par une crise de larmes.
Lehmann en état de grâce
Avant ce moment, Villarreal avait eu plus d'une fois l'occasion d'enrager. Guillermo Franco avait d'abord trouvé le gardien allemand sur sa route sur une tête plongeante à bout portant (40e). Lehmann, qui sera titulaire avec l'Allemagne à la Coupe du monde, est en pleine confiance et cela crève les yeux. Au retour des vestiaires, Franco eut encore deux nouvelles occasions très franches de la tête, profitant de la fébrilité évidente de Sol Campbell pour son retour en équipe première. Cette fois-ci, alors que Lehmann était battu, le Mexicain ne cadrait pas ses tentatives (48e, 52e). A la 64e, c'est Forlan, sur une action comparable, qui frappait juste à côté. Toujours mieux que cette action de la 37e minute où Riquelme avait fait le plus difficile mais où Forlan n'avait pu couper sa trajectoire. La finale de la Ligue des champions ne sera pas 100% espagnole, même si Barcelone se qualifie mercredi. Le moment aurait été historique pour la comète Villarreal, tombeur de Lille cet automne (1-0), et qui n'avait jamais joué une Coupe d'Europe avant l'Intertoto 2003-2004.
Historique, ça l'est déjà pour Arsenal. Le club n'avait jamais atteint de finale de Ligue des champions, le rêve de tout un club depuis qu'Arsène Wenger en est devenu le manager général il y a presque dix ans. Ce sera cependant la cinquième finale européenne du club londonien, qui a perdu ses deux dernières en 2000 contre Galatasaray (C3) et en 1995 contre Saragosse (C2). Vainqueur de la Coupe des coupes en 1994 et de la Coupe de l'UEFA en 1970, le club anglais espère réussir l'exploit de remporter les trois Coupes d'Europe, comme seuls le Bayern Munich, Barcelone, l'Ajax Amsterdam et la Juventus l'ont fait. Même si son inviolabilité est désormais un peu miraculeuse, Arsenal peut s'appuyer sur sa folle série sans but encaissé, qui court sur 919 minutes et plus de dix matches. Comme en huitième contre le Real Madrid et comme en quart face à la Juventus, Arsenal s'en est sorti avec un 0-0 au match retour. «Ce qui est bien, c'est qu'il n'y a pas de match retour en finale, remarque Arsène Wenger. Faisons ce que nous aurions fait lors d'un match aller.» Arsenal les a tous gagnés sans encaisser de but. Le job n'est pas fini, comme dirait Henry.
L'HOMME DU MATCH? MOI JE DIRAI LEHMANN L1 DE CES MELLEURS MATCHS DE LA SAISON 2005/2006!